Vivre avec/chez ses parents à 30 ans.
Hello, aujourd'hui, je me livre sur un sujet qui est intime pour moi: mon mode de vie actuel. 🏡
A l'heure où je vous écris, j'ai 33 ans et je vis dans la maison familiale de mes parents. Celle qui a vu grandir mes frères, ma soeur et moi-même. C'est une maison à la campagne, dans une rue cul-de-sac. Si je devais la décrire, je dirais qu'elle est tout de même grande. Suffisamment pour une famille de 6 personnes et quelques animaux. 🐕 🐈⬛🐈⬛🐓🐓🐓 Un maison avec un beau jardin qui se continue par un verger. Derrière ce verger, des champs. Vous l'aurez compris, un environnement naturel très apaisant avec un voisinage agréable. 🌳
" J'ai parfois ressenti de la honte mais ce que je vis, c'est du bonheur "
Le regard des gens est rarement bienveillant par rapport à ce mode de vie. La comparaison avec ce fameux film "Tanguy". Certaines personnes se sentent comme obligées d'apporter leur avis sur la question. Sauf qu'il n'y avait aucune question de formulée au départ, ni aucun avis sollicité. ❌ Parmi tous les commentaires entendus, il y a les classiques "il serait temps de quitter le nid, non?" "je ne pourrais vraiment pas vivre avec mes parents!" "pourquoi tu ne prends pas un appartement?" "ça doit être pénible de rendre des comptes" "non mais t'as quel âge encore?" "toi, t'as rien à gérer dans ta vie".
La violence des propos est bien souvent accompagnée d'un regard accusateur, de désapprobation. 🔪 Inutile de préciser que ces propos sortent rarement de la bouche de personnes empathiques ou qui sont dans une démarche de compréhension. J'ai parfois ressenti de la honte mais ce que je vis, c'est du bonheur. ✨ Il m'a fallu du temps pour discerner ce qui se cache derrière ces réflexions: une personne un peu maladroite mais bienveillante ou une personne qui a juste envie de rabaisser ou intolérante. 🤔 Si on venait à creuser pour trouver ce qui se cache derrière cette méchanceté, j'imagine qu'on trouverait des choses interessantes... 🫢
Ce que cette situation m'apporte
Vivre avec ses parents, quel que soit son âge, c'est se créer des souvenirs. 💖 Parfois ceux qui nous ont manqué dans l'enfance parce qu'un parent travaillait énormément, parce que son travail nécessitait des déplacements, peu importe. Lorsque la relation est belle, il n'y a pas de pénibilité à rendre des comptes. D'ailleurs, personne ne rend de compte à personne.
J'ai habité seule dans une maison dans les Ardennes 🌲, je l'ai vécu de façon très mitigée. J'étais à la fois très heureuse de transformer cette maison, d'en faire mon chez moi, d'avoir mon indépendance. Mais j'étais aussi très triste. Isolée de part la localisation de mon travail et l'absence d'ami•e•s aux alentours mais aussi dans un village très petit et inanimé. Avant ça, j'ai kotté à Liège durant une bonne partie de mes études. 📚 J'ai aussi vécu un an dans la clinique vétérinaire pour laquelle je travaillais avec deux autres amies vétérinaires. Tout cela me convenait mieux: mes coloc' étaient chouettes et mes collègues vétos ont été de véritables coups de foudre amicaux.
Finalement, je suis revenue dans la maison familiale. 🍃 Je n'étais pas en couple et puis bien. Mais nous étions tous les deux en transition professionnelle et revenir ici m'a apporté un sentiment de sécurité mais aussi du repos. L'année passée comme vétérinaire interne m'a épuisée aussi bien physiquement que moralement. Revenir dans un endroit calme m'a fait le plus grand des biens. 🙏 Lui était en coloc' et il a rapidement été question pour lui de retourner dans son pays natal pour y poursuivre sa carrière professionnelle. Bref, un mélange de choses qui ont rendu difficile pour moi la perspective de m'installer quelque part ailleurs qu'ici. 🚪
Mon chien 🐶, habitué à cette maison, aux grands espaces et à une présence constante est resté ici. Il n'y aura pas d'autre maison pour lui. C'est ici chez lui, avec mes parents, nos chats. Lui retirer cela serait catastrophique pour sa santé. Crapule 🐱, mon chat, a vécu un an à la clinique vétérinaire. Elle s'est imposée dans ma vie. Je vous raconterai son histoire lors d'un prochain article. 😉 Elle, ça sera le sujet de discorde avec ma maman qui voudrait la garder... 😅 Je ferai au mieux pour Crapule quand le temps sera venu pour moi de bouger à nouveau.
Vivre chez ses parents ou grand-parents, c'est une situation que j'ai vue chez d'autres proches. 👥 Le temps de construire leur maison ou de se refaire une santé financière après une séparation. À l'heure actuelle, il est difficile de louer seul•e tout en économisant suffisamment pour un achat immobilier ou une construction. Parfois, c'est le temps d'une transition professionnelle lorsqu'on cherche en sachant qu'on pourrait/voudrait changer de localisation. Bref, l'argument économique est considérable. 💶 On pourrait évoquer un argument écologique aussi. Une seule maison chauffée, une surface partagée, des ressources partagées. Ici, je peux profiter du jardin, de jolis chemins de balade & du voisinage que j'aime beaucoup. Et profiter de la cuisine de maman. Oui, j'ai osé l'écrire et sans aucune forme de honte, quelle honte! 🥘 Quant à moi, je lui partage des anecdotes plus ou moins drôles de ma journée à l'extérieur. Je lui demande son avis sur les shootings que j'ai réalisé, je lui parle de ma séance à cheval.
Vivre ensemble, c'est aussi veiller les uns sur les autres. 🤕 Lorsque les drames de la vie frappent, être en bonne compagnie peut considérablement soulager la tristesse ou la pression de devoir se soigner seul•e. Avoir quelqu'un à qui parler en rentrant du travail, c'est ce qui me manquait le plus lorsque je vivais seule. 👂 Les ami•e•s ont leurs vies, parfois leurs enfants, leurs horaires de travail parfois très lourds. Impossible de téléphoner à quelqu'un tous les soirs. 😜 Certain•e•s diront qu'on se fait à la solitude et qu'on l'apprécie même. C'est vrai, mais j'estime que rien ne m'oblige à m'imposer ça si je suis à un moment de ma vie où je pense que ça ne me ferait pas du bien. 🙂↕️
Vivre ici, c'est aussi voir mes frères et soeur passer en coup de vent, voir ma filleule plus régulièrement car elle est gardée par ses grand-parents. C'est voir plus souvent mes oncles et tantes. J'ai presque envie de dire que chez les Panepinto, c'est un mode de fonctionnement à l'italienne, un peu à l'ancienne. On apprécie ou pas, ce n'est pas la question.
Finalement,
Au-delà de tout ce que je vous ai exposé précédemment, il y a simplement le fait que je me sens bien ici et que ce qui est important pour moi, eh bien... c'est moi ☺️ Vivre chez mes parents m'a appris à affronter le jugement d'"ami•e•s", de connaissances, de collègues, de patrons. Ca m'a permis d'ouvrir les yeux sur le regard que portent certaines personnes sur ma vie et sur la vie en général.
Et je remercie mes parents à l'infini pour leur amour, leur soutien. Je souhaite à chaque enfant d'avoir des parents comme les miens. Personne ne devrait ressentir de la honte d'avoir de l'aide de ses parents. 🫶🏼
Le bonheur est quelque chose de personnel, quelque chose que l'on construit soi-même et pour soi. Une chose qui évolue dans le temps. Et je sais que JAMAIS, je ne regretterai ces années passées avec eux, le jour où ils ne feront plus partie de ce monde.
J'aspire à avoir ma maison, qui ressemble au modèle qui m'a rendue heureuse. C'est-à-dire une petite maison à la campagne, dans un village où il fait bon vivre. 🌳 🪺 Et si la vie me fait le cadeau d'une belle rencontre, cette maison n'en sera que plus agréable avec plusieurs âmes qui y vivront. 🫂